
Arrêter de vapoter en préservant la sortie du tabac
Arrêter de vapoter pose une question supplémentaire après la sortie du tabac : comment changer d’usage tout en préservant l’arrêt des cigarettes ? Le sujet concerne aussi les personnes entrées dans la vape sans tabagisme préalable. Comprendre les études suppose donc de distinguer les publics, les méthodes et les résultats attendus.
Une nouvelle question de recherche #
La revue Cochrane publiée en novembre 2025 sur l’arrêt du vapotage rassemble quinze études et 5 800 participants. Elle distingue l’abstinence de vape, l’évolution du tabagisme et les événements indésirables. Les auteurs identifient des résultats encourageants pour certains programmes de messages chez les jeunes et pour la varénicline, avec une certitude encore limitée. Les données ne permettent pas de conclure clairement pour toutes les méthodes ni sur le devenir tabagique à long terme. [1]
Cette situation impose de préciser l’objectif avant de comparer des solutions. Chez un ancien fumeur, arrêter la vape tout en recommençant les cigarettes ne correspond pas au résultat recherché. Chez un jeune qui n’a jamais fumé régulièrement, le même enjeu se formule autrement : sortir du vapotage et éviter l’initiation au tabac. Les essais qui recrutent l’un de ces groupes ne répondent pas entièrement aux besoins de l’autre. Les statistiques d’arrêt doivent donc toujours être accompagnées de la description des participants. [1]
Un premier essai chez des adultes #
Un essai italien publié en juillet 2023 a comparé varénicline et placebo chez 140 adultes souhaitant arrêter de vapoter, avec un accompagnement dans les deux groupes. L’abstinence continue de la quatrième à la vingt-quatrième semaine atteignait 34,3 % avec la varénicline, contre 17,2 % avec le placebo. Ce résultat constitue un signal d’efficacité dans les conditions de l’étude, pas une instruction à utiliser le médicament sans évaluation médicale. [2]
La taille de l’essai et sa population limitent ce que l’on peut généraliser. Une étude positive ne suffit pas à définir la durée idéale d’un traitement pour chacun ou à conclure sur toutes les situations de double usage. Les effets indésirables et les éventuelles contre-indications doivent être considérés dans la prise en charge. La recherche apporte ici une piste thérapeutique ; les recommandations et les autorisations nationales déterminent séparément les possibilités concrètes de prescription. [2]
Chez les jeunes un résultat distinct #
En avril 2025, une étude américaine publiée dans JAMA a évalué la varénicline avec accompagnement chez des personnes de 16 à 25 ans qui vapotaient régulièrement mais ne fumaient pas régulièrement de tabac. L’essai comprenait 261 participants. Dans les groupes médicament et placebo recevant le même soutien, l’abstinence continue entre les semaines neuf et douze était de 51 % contre 14 %, puis de 28 % contre 7 % entre les semaines neuf et vingt-quatre. [3]
Ces résultats ne permettent pas de conseiller indistinctement le traitement à tous les mineurs ou à tous les adultes. Les participants souhaitaient réduire ou arrêter leur vapotage et étaient suivis dans un protocole. La tranche d’âge réunit par ailleurs mineurs et jeunes adultes, ce qui demande de vérifier les règles de prescription et la situation clinique. Une publication ne modifie pas, par elle-même, le cadre d’utilisation d’un médicament dans un autre pays. [3]
Le soutien peut aussi passer par des messages #
Un essai publié en août 2024 a évalué un programme automatisé de messages chez des adolescents américains de 13 à 17 ans. Les messages proposaient soutien et stratégies comportementales ; le groupe témoin participait aux évaluations sans recevoir ce programme. L’arrêt du vapotage était plus souvent déclaré dans le groupe intervention. Le résultat repose sur les déclarations des participants et sur un programme particulier, avec un recrutement volontaire. [4]
Il ne signifie pas que toute application ou tout rappel automatique produit le même effet. La fréquence, le contenu, la possibilité de répondre et l’adaptation au public font partie de l’intervention. Un outil numérique peut être accessible dans certaines situations tout en étant moins adapté à d’autres. Évaluer son apport suppose de décrire les personnes réellement touchées, leur participation au suivi et leur consommation éventuelle de cigarettes, plutôt que de comptabiliser seulement les inscriptions ou les messages envoyés. [4]
Un parcours à organiser sans imposer une vitesse universelle #
Avant de parler d’arrêt, il peut être utile de rendre l’usage concret : moments de vapotage, situations où l’envie est la plus forte, place de la nicotine et souhait personnel. Cette description ne prescrit pas une méthode. Elle permet de formuler les questions à discuter avec un professionnel, en particulier lorsque des tentatives précédentes ont entraîné une reprise des cigarettes ou lorsque d’autres traitements sont en cours.
La revue ne permet pas de définir un calendrier universel garantissant simultanément la fin du vapotage et le maintien de l’arrêt du tabac. [1]
La manière de formuler le projet compte alors : quel changement est recherché, à quelle occasion pourra-t-on en reparler et comment reconnaître une difficulté nouvelle ? Ces questions rendent la démarche compréhensible sans lui imposer une vitesse idéale. Elles permettent aussi de distinguer ce que la personne a choisi, ce qu’elle voudrait essayer et ce qui mérite encore une discussion.
Respecter les personnes aidées par la vape implique aussi de respecter celles qui souhaitent ensuite s’en passer. Les deux intentions sont compatibles. L’arrêt des cigarettes demeure une réussite à préserver ; la fin du vapotage peut devenir un projet supplémentaire, accompagné et évalué pour lui-même, sans exiger qu’il efface le chemin déjà parcouru. Ces objectifs méritent chacun une discussion explicite sur les attentes et les difficultés rencontrées.
Sources #
[1] Cochrane — Ailsa R Butler et ses collègues — Interventions for quitting vaping. 25 novembre 2025.
[2] BMC Medicine — Pasquale Caponnetto et ses collègues — Varenicline and counseling for vaping cessation: a double-blind, randomized, parallel-group, placebo-controlled trial. 5 juillet 2023.
[3] JAMA — A Eden Evins et ses collègues — Varenicline for Youth Nicotine Vaping Cessation: A Randomized Clinical Trial. 23 avril 2025.
[4] JAMA — Amanda L Graham et ses collègues — A Vaping Cessation Text Message Program for Adolescent E-Cigarette Users: A Randomized Clinical Trial. 7 août 2024.
Jason Buttier · Fondateur & rédacteur
Ancien fumeur, Jason Buttier a créé VAPOVOR pour publier des contenus datés, sourcés et indépendants sur tabac, nicotine et vapotage, à destination d’un public adulte. Les contenus n’incluent pas de recommandation d’achat et ne se substituent pas à un avis médical individuel.
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