Silhouettes adultes et représentation abstraite d’une enquête de population.

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Vapotage en France : les profils derrière les moyennes

Les dernières enquêtes disponibles décrivent une pratique surtout liée à une histoire de tabagisme chez les adultes. Elles montrent aussi des différences sociales et territoriales. Pour comprendre ces résultats, il faut regarder les personnes interrogées et les usages mesurés, sans transformer une photographie en démonstration de causalité.

Une population qui ne se résume pas à une silhouette #

Les données françaises sur les adultes relient largement le vapotage à une histoire de consommation de tabac. Dans le Baromètre de Santé publique France réalisé en 2024 et publié en décembre 2025, 7,9 % des personnes de 18 à 79 ans déclarent vapoter ; 6,1 % le font quotidiennement. Parmi ces vapoteurs quotidiens, 49,5 % sont d’anciens fumeurs et 47,7 % fument encore. [1]

Ces proportions décrivent une situation au moment de l’enquête. Elles ne disent ni combien de cigarettes chacun fumait auparavant, ni depuis combien de temps il a arrêté, ni quel rôle exact le vapotage a joué dans son parcours. Les anciens fumeurs qui ont utilisé une cigarette électronique puis cessé de vapoter ne figurent plus parmi les vapoteurs actuels. Le champ de l’enquête n’est pas celui de toutes les personnes ayant été aidées par ce produit au cours de leur vie.

Trois indicateurs pour trois réalités #

Avoir essayé une fois, vapoter actuellement et vapoter tous les jours ne sont pas des formulations interchangeables. Une personne qui a pris quelques bouffées plusieurs années auparavant peut relever de l’expérimentation sans avoir développé de pratique régulière. Inversement, un usage quotidien peut accompagner un arrêt récent du tabac ou se prolonger après plusieurs années sans cigarette. Présenter un seul pourcentage comme le nombre de personnes « dépendantes à la vape » ferait dire au questionnaire ce qu’il ne mesure pas.

Cette distinction était déjà visible dans l’enquête EROPP 2023, menée par l’OFDT auprès de 14 984 adultes de 18 à 75 ans en France hexagonale. Les résultats publiés en 2025 donnaient 41,8 % d’expérimentation au cours de la vie, 8,3 % de vapotage actuel et 6,1 % de vapotage quotidien. La distance entre ces indicateurs invite à décrire la fréquence et la durée plutôt qu’à additionner tous les essais comme s’ils formaient une même pratique. [2]

Des différences sociales à interpréter #

Le Baromètre 2024 relève un vapotage quotidien plus fréquent chez les ouvriers que chez les cadres, et chez les personnes qui jugent leur situation financière difficile que chez celles qui se déclarent à l’aise. Il identifie également des niveaux supérieurs à la moyenne des autres régions en Normandie, en Nouvelle-Aquitaine, en Bretagne et en Corse. Ces résultats signalent des différences ; ils n’établissent pas à eux seuls leurs causes. [1]

Une pratique plus répandue dans un groupe peut recouvrir plusieurs phénomènes : davantage de personnes ayant fumé, davantage de tentatives d’arrêt, des modes d’approvisionnement particuliers ou des trajectoires de consommation plus longues. Pour trancher entre ces explications, il faudrait suivre les personnes, documenter leurs conditions de vie et analyser leurs changements d’usage. Le même taux de vapotage pourrait correspondre à des situations sanitaires très différentes selon la proportion de fumeurs qui abandonnent complètement la cigarette.

Comparer deux régions demande aussi de regarder leur composition. Si l’une compte proportionnellement davantage d’habitants dans une tranche d’âge où la pratique est fréquente, son taux global peut être plus élevé sans que chaque groupe d’âge vapote davantage. C’est pourquoi une analyse peut présenter, à côté des proportions observées, des résultats tenant compte de l’âge ou d’autres caractéristiques. Ces ajustements ne font pas disparaître l’écart vécu par la population ; ils cherchent à comprendre ce qui le compose. Ils permettent surtout de ne pas attribuer trop vite une différence à une culture locale, à la présence de commerces ou à une politique particulière, alors que plusieurs explications restent possibles.

Comparer les années exige un même cadre #

Le Baromètre 2024 a interrogé environ 35 000 personnes sur une vingtaine de thèmes de santé. La collecte s’est déroulée de février à mai 2024, à partir de personnes tirées au sort dans les bases de l’Insee. Les réponses ont ensuite fait l’objet d’un travail de traitement et d’analyse avant leur publication. Ce décalage explique qu’un résultat disponible début 2026 décrive des comportements observés près de deux ans auparavant. [3]

Comparer mécaniquement 8,3 % en 2023 et 7,9 % en 2024 serait fragile : les dispositifs et les tranches d’âge ne sont pas strictement identiques. Une différence de quelques dixièmes de point peut également relever de l’incertitude d’échantillonnage. Les séries d’évolution proposées par les producteurs de données, construites sur un périmètre comparable, sont donc plus informatives qu’une soustraction entre deux titres de presse.

Santé publique France retient une tendance à la hausse depuis 2016 sur le champ des 18–75 ans de France hexagonale. [1]

Ce que les chiffres changent dans le débat #

Les enquêtes de population évitent de prendre les personnes les plus visibles pour la totalité des usagers. Elles rappellent aussi qu’un nombre de vapoteurs ne constitue pas un bilan du sevrage tabagique. Pour établir celui-ci, il faut savoir combien de fumeurs arrêtent durablement, combien conservent un double usage, combien reprennent la cigarette et combien de personnes n’ayant jamais fumé commencent à vapoter. Ces trajectoires ne peuvent pas être reconstruites à partir du seul nombre de produits vendus.

Respecter les personnes qui ont quitté le tabac grâce au vapotage implique de rendre leur parcours visible sans transformer toute utilisation en réussite automatique. La même exigence vaut pour celles qui fument encore : le double usage observé n’indique pas, à lui seul, qu’une tentative a échoué ou qu’elle aboutira. Début 2026, les données françaises documentent une pratique adulte largement inscrite dans l’histoire du tabagisme. Le prochain enjeu d’observation consiste à suivre ce que deviennent ces parcours, au-delà de la photographie annuelle.

Sources #

[1] Santé publique France — Vapotage : usage et évolutions récentes. Baromètre de Santé publique France : résultats de l’édition 2024. 11 décembre 2025.

[2] OFDT et Santé publique France — Tabagisme et vapotage parmi les 18-75 ans en 2023. 20 mai 2025.

[3] Santé publique France — Résultats de l’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France : mieux connaître et comprendre les comportements, connaissances et opinions de la population en lien avec la santé. 11 décembre 2025.

Jason Buttier · Fondateur & rédacteur

Ancien fumeur, Jason Buttier a créé VAPOVOR pour publier des contenus datés, sourcés et indépendants sur tabac, nicotine et vapotage, à destination d’un public adulte. Les contenus n’incluent pas de recommandation d’achat et ne se substituent pas à un avis médical individuel.

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Jason Buttier est le fondateur de VAPOVOR et également à l’origine de la marque « Maître Vapotier ». Cette information est fournie pour transparence. Les contenus éditoriaux de VAPOVOR n’incluent pas de recommandation d’achat et ne se substituent pas à un avis médical individuel.

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